La saison des festivals d’hiver est ouverte !

L’hiver est bien installé, Noël est passé et Février est, paraît-il, le mois le plus froid de l’année – mais bon comme l’hiver est froid de toutes façons cette année, ça ne change pas grand chose pour le moment -… bref, c’est le moment idéal pour faire la fête ! Quand le froid pique à l’extérieur, rien de tel que de se réunir et passer de bons moments ensemble pour se réchauffer. Depuis deux semaines, nous découvrons donc les festivités hivernales locales… quand je vous disais que l’hiver islandais était humainement très chaleureux !

Tout commence fin janvier – le vendredi entre le 19 et le 25 janvier pour être tout à fait précise – avec la fête  de Þorrablót, que l’on pourrait traduire par « sacrifice pour Thor » – Þórr en islandais -, célèbre dieu de la mythologie nordique. Marquant l’entrée dans le quatrième mois d’hiver du calendrier islandais – oui, oui, le 4e mois d’hiver ! -, les festivités gustatives durent jusque fin février. Si vous comptiez passer à table, ou bien si vous en sortez… revenez plus tard ou passez directement au paragraphe suivant… enfin c’est pour vous que j’dis ça moi, hein ! Fête païenne datant d’avant la conversion de l’île au christianisme, elle avait été quasiment oubliée avant d’être remise au goût du jour au XIXe siècle dans un contexte de démarcation culturelle liée au processus d’indépendance du pays. Voilà pour la petite histoire.

blog-expat-thorrablot-islandeConcrètement, il s’agit de se réunir autour d’un repas tellement traditionnel qu’il en est devenu folklorique, les islandais ne mangeant plus du tout ces plats en dehors de cette fête de nos jours… et ayant eux-même parfois bien du mal à les avaler pour l’occasion, surtout les plus jeunes !

Il faut dire que beaucoup des plats Vikings qui sont servis à cette occasion sont loin, mais alors très loins d’être ragoûtants – et je pèse mes mots ! -. Au menu :

  • le hakarl (apéritif) : requin faisandé enterré puis déterré et mis à sécher dont la préparation ferait faire des cauchemars à tout estomac normalement  constitué… et je ne parle même pas de l’odeur !
  • le harðfiskur (apéritif) : poisson séché encore consommé régulièrement par les islandais dans la vie quotidienne, parfois même en guise de friandise ;
  • la svið (plat de résistance) : tête de mouton entière marinée puis bouillie dont la simple vue nous donnerait envie de fuir en courant mais toujours populaire ici telle quelle ou en pâté de tête, même en dehors de cette fête ;
  • les hrútspungar (plat de résistance) : testicules de mouton marinées elle aussi, puis compressées et découpées en tranches – ça va, vous tenez le coup ? – ;
  • le hangikjöt (plat de résistance) : tranches d’agneau grillées et salées beaucoup plus proches de nos habitudes gustatives puisque même les touristes en mettent dans leurs sandwichs ;
  • le brennivín (boisson) : eau de vie à base de pommes de terre et de cumin, à 37,5° quand même ! Dite « la mort noire », elle est indissociable de ces repas de fête hivernaux.

Bon appétit bien sûr ! Mais vous ne pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu ! Certains plats, comme le hakarl, feraient presque office de « rite de passage » pour les jeunes : pour être un vrai descendant de Viking, il faut arriver à l’avaler… gloups…

 

Cette tradition est même célébrée à l’école. Rien de bien grave me direz-vous, on sert bien de la bûche de noël en décembre en France alors tout cela semble logique. Il faut éduquer le goût dès l’enfance, c’est bien connu. Tout à fait d’accord… mais pas pour Puffin junior ! Quelle histoire il y a quinze jours lorsque je suis aller récupérer mon grand garçon à la fin de a journée de classe et que je l’ai retrouvé la mine décomposée. La maîtresse m’attendait pour m’expliquer que l’oisillon en question n’avait pas du tout apprécié le menu du lendemain… je dirais même plus, il angoissait franchement ! Nous avons donc été tous ensemble faire un tour dans la cuisine… et j’ai même eu l’honneur suprême de me voir proposer de goûter au fameux hakarl. Tant qu’à faire, j’ai évidemment sauté sur l’occasion, j’en mourais tellement d’envie faut pas mourir bête, et puis comment être crédible devant Puffin junior à qui j’expliquais qu’il n’était « pas obligé d’aimer et d’en manger mais que c’était important de goûter parce que si ça se trouve il aimerait bien »… Enfin bref, pour tous vous dire, ça a une odeur et un goût du même standing que notre célèbre maroilles – mais pas la consistance -… c’est donc tout à fait abordable pour un palais français ! Je ne dirais pas que c’est bon, mais ça ne m’a pas donné envie de vomir non plus… ce qui a visiblement étonné les maîtresses de l’école qui m’ont félicitée à plusieurs reprises en m’avouant qu’elles avaient bien du mal à l’avaler pour leur part. Du coup, je pense que je ne leur ramènerai pas un petit assortiment de nos meilleurs fromages en guise d’échange culturel… Cela dit, pour être franche, je n’irai pas en reprendre par plaisir moi non plus. Quant à Puffin junior – qui s’imaginait déjà avec une tête de mouton entière dans son assiette ! -, il a été rassuré en voyant les tranches d’agneau fumées et salées… et la promesse qu’il pourrait amener un gâteau de la maison, au cas où vraiment rien ne passerait.

C’est tout de même un peu anxieux qu’il a pris le chemin de l’école le lendemain matin… qui ne l’aurait pas été à sa place ? Finalement, il n’a pas osé tout goûter, mais a tenté ce qui lui paraissait pouvoir lui convenir…et n’a pas laissé une miette de son gâteau ! C’est mieux comme ça, j’aurais été étonnée qu’il se jette sur ce que les enfants islandais doivent eux-même apprendre à aimer (souvenez-vous de votre première gorgée de vin…).

blog-expatriation-bolludagsvondur-des-minis-puffins-islandePeu de temps après, le lundi précédent le mercredi des Cendres, les islandais fêtent le Bolludagur – le « jour des choux » -. Encore une fête culinaire… mais nettement plus alléchante cette fois-ci ! Issue du folklore chrétien du carnaval et introduite au XIXe siècle par les Danois, elle est célébrée six semaines avant Pâques. Ce jour-là, les enfants ont le droit de réveiller leurs parents en leur donnant des petits coups de « Bolludagsvöndur » – littéralement « tige du jour des brioches » – et en criant « bolla », « bolla » – brioche -. Le nombre de fois où ils réussiront à les toucher sera convertis en brioches qu’ils recevront.

Faits en papier et carton souple coloré, ces « bâtons » sont même confectionnés au jardin d’enfant – l’équivalent de l’école maternelle, mais de 6 mois à 6 ans – et petit Puffin Junior et Melle Puffin ont donc fabriqués les leurs qu’ils ont fièrement ramenées à la maison vendredi soir il y a dix jours pour être équipés le lundi matin suivant. Heureusement qu’ils n’ont pas encore compris cette année leur véritable utilité… et que Puffin junior – qui aurait compris à quoi cela servait – n’en avait pas fait, nous avons eu une année de répit !

 

Les islandais et les pâtissiers cuisinent donc ce jour-là – et ce jour-là seulement – tout plein de brioches particulières, les Bolludagsbolla, en formes de boules, fourrées à la crème, à la confiture – de fraise de préférence – ou au chocolat, à l’Irish Coffee, etc. … toutes les gourmandises sont permises ! Vive le Bolludagur !

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Blog expat - Bolludagsbolla, Islande

Petite recette de Bolludagsbolla :

– 4 dl d’eau ;
– 160 g de beurre ;
– 250 g de farine ;
– 1/4 de càc de levure ;
– 5 oeufs.

Commencez par faire fondre l’eau et le beurre dans une casserole, jusqu’à ébullition. Ajoutez farine et levure et continuez à mélangez énergiquement jusqu’à ce que la pâte obtenue ressemble à une boule sous vos mouvements. Retirez du feu et laissez refroidir un petit moment. Ajoutez ensuite les oeufs, un par un, en prenant soin de bien remuer entre chaque oeuf. Mettez en forme vos choux sur une plaque à pâtisserie (ou sur une plaque normale avec l’aide d’une cuillère), en prenant bien soin de laisser de la place entre chaque chou puisque chacun d’entre-eux va gonfler pendant la cuisson. Mettre au four à 210°C pendant 30-35 mns ou jusqu’à ce que les choux prennent une jolie couleur dorée. Faites bien attention à ne pas ouvrir le four avant que les choux ne soient tout à fait prêts ! La croûte extérieure doit être bien cuite pour que les choux ne se déforment pas et ne se recroquevillent pas sur eux-mêmes.

Pour une finition islandaise parfaite, garnissez-les avec de la confiture et/ou de la crème fouettée et ajoutez un nappage de chocolat sur le chapeau. Mais vous pouvez également innover en les garnissant de caramel, crème glacée ou Nutella… ou tout ce qui vous fait envie !

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blog-voyage-oskudagur-et-les-minis-puffins-islandeEt enfin mercredi dernier donc, nous célébrions Öskudagur. Le principe ? Mettez Carnaval et Halloween dans un sac, mélangez et hop, vous obtenez la fête islandaise d’Öskudagur, célébrée le mercredi des cendres ! Dès le matin, les enfants se déguisent et chantent pour recevoir des friandises. Pas de parade au programme donc mais beaucoup de musique… et de bonbons ! Et puis Puffin junior et son école ont rendu visite au jardin d’enfant – au plus grand bonheur de petit Puffin junior et de Melle Puffin – et à l’université pour y pousser la chansonnette. 

Ce matin-là évidemment, l’excitation du début de journée était « un poil » supérieure à celle des autres matins. Cette année, pris de cours – nous n’avons appris les date et déroulement du D-day que la semaine d’avant -, leur Yaya qui se plie d’habitude en quatre pour leur créer des déguisements tous plus beaux les uns que les autres n’a pu être mise à contribution et nous avons donc fait avec les moyens du bord. Après avoir fouillé les vêtements que nous avions emmenés avec nous et fait un tour dans la « ville » d’à côté pour dénicher quelques accessoires, nous avons finalement accueilli un pirate, un pompier et une petite viking d’un jour.

Une fois les costumes enfilé et le petit déjeuné avalé, il a fallu passer l’épreuve de l’enfilage des tenues d’extérieur deblog-expat-oskudagur-et-les-minis-puffins-islande tout ce petit monde… Des questions que je n’avais jamais pensé me poser se sont alors présentées à moi : comment enfiler un bonnet sur un casque de pompier ou sur un chapeau de pirate ? Et des gants avec un crochet en guise de main ? Bref, on finit comme toujours par y arriver et notre petite équipée s’élance pour la tournée des écoles où la musique, des bonbons et des maîtresses déguisées accueillent les enfants à leur arrivée. Bizarrement, aucun mini Puffins ne se fait prier pour aller en classe aujourd’hui… Un câlin, un gros bisou et zou, ils disparaissent avec leurs camarades aussi déguisés qu’eux ! Pour ma part, je remarque que les costumes sont différents de ceux que j’avais l’habitude d’observer en France. Il y a beaucoup de trolls, de lutins et de géants. Les clowns sont différents aussi. Très peu de spiderman ou de princesses. Cela dit, c’est peut-être différent à Reykjavík… Je les laisse en tous cas avec la certitude qu’ils vont passer une bonne journée.

Et effectivement, lorsque je les retrouve le soir, chacun y va de sa petite anecdote. Il paraît que Puffin junior a mangé des bonbons toute la journée, revenant régulièrement aux bols de friandises déposés dans la pièce principale de l’école… parole de maîtresse ! Petit Puffin junior ne se lasse pas de me raconter que son grand-frère est passé le voir et Melle Puffin tape dans ses mains en chantant ce que je suppose être un chant d’occasion appris dans la journée. À peine rentrés, un groupe de copines de l’école de Puffin junior frappe à notre porte et entonne un très joli chant récompensé comme il se doit par de jolis chocolats ! Il paraît qu’à l’origine, les enfants faisaient des farces dans la rue avec un petit sac rempli de cendres… les traditions s’adaptent elles aussi aux changements d’époques visiblement.

 

Entre transmission d’héritages pluriculturels et modernité, nous découvrons ces derniers temps que les islandais célèbrent d’une manière bien à eux l’hiver, cette rude saison qui fait partie de leur culture et qu’ils savent réchauffer. Cela dit, nous n’en avons eu qu’un avant-goût cette année – c’est l’cas d’le dire ! – et nous devons encore approfondir tout ça… et découvrir ce que nous n’avons pas encore vu, comme le Festival des Lumières de Reykjavík, début février, qui raisonne dans nos coeurs lyonnais comme un échos à la fête des lumières du 8 décembre… mais avec des testicules de mouton au repas plutôt que des andouillettes…

 


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12 réflexions sur “La saison des festivals d’hiver est ouverte !

  1. Bonjour
    Je suis journaliste à Paris et je suis avec attention votre histoire.
    Serait-il possible de vous contacter ? A quelle adresse ? Merci à vous

  2. Sacrés fêtards ces islandais !!!
    Ces petits plats sont très alléchants; manger du requin faisandé ou du testicule de mouton coupé en tranches … on en rêve, surtout s’ils sont accompagnés de brennivín, la boisson qui tue. Il ne manque à ce menu que le fameux kloug de Mr Preskovic.
    Enfin, chaque pays a ses mets traditionnels qui font tordre le nez aux personnes non initiées.
    A ce rythme, bientôt nos bonnes vieilles soupes de légumes n’auront plus assez de goût pour les petits Puffins.

    Effectivement, Yaya est un peu frustrée de ne pas avoir pu participer à la fabrication des costumes de carnaval, mais les Puffinous sont très beaux dans leurs déguisements et l’année prochaine nous tâcherons de ne pas nous laisser surprendre.

    En attendant, profitez bien de toutes ces fêtes.
    Bon appétit, ou plutôt bonne chance …

    • Ah, vous zoci ça vous met l’eau à la bouche… nous n’en attendions pas moins de grands gastronomes comme vous (j’imagine déjà la tête de la tablée si Yaya inscrivait ces plats au menu de son repas de Pâques par exemple – ben oui, l’agneau et le mouton, c’est bien à Pâques lol).
      En tous cas le repas au jardin d’enfant, c’était ce midi… et tout s’est bien passé a priori pour les petits (mais je ne sais pas ce qu’ils on réellement mangé… même si on se pose moins de questions à cet âge-là haha).
      J’avais même pas pensé au cultissime kloug de Mr Preskovic… mais doit bien y en avoir un dans le coin puisque les polonais sont la nationalité étrangère la plus représentée en Islande… on doit pouvoir trouver ça ne cherchant un peu je suis sûre 😉

      Oui, c’est ce qu’on s’est dit aussi, on ne se fera pas avoir l’année prochaine pour les costumes ;)… Surtout que les 2 « grands Puffins » ont reparlé des costumes de Yaya en enfilant ceux de cette année !!

      Merci pour vos encouragements… on se rabattra sur les choux (ben quoi, faut bien s’intégrer, non ?)

      Bisous

  3. Waow ! Article très intéressant !! C’est vrai, du requin pourri ???

    Et la tête de mouton, j’avoue que j’ai du mal !

    Tu as été courageuse de goûter ces plats typiques islandais, j’en aurais été incapable!

    Leur agneau et leur journée spécial choux par contre, ça me semble très bon ça !

    À bientôt sur votre blog sur l’Islande qui est très intéressant.

    • Merci beaucoup.

      Oui, oui, c’est tout bien vrai 😀 Mais bon, si ça nous semble rebutant, il ne faut pas oublier que nous sommes nous-même surnommés les mangeurs de grenouille ou d’escargots… et que ça dégoûte une bonne partie du reste du monde alors que ce sont des plats gastronomiques de fête également chez nous 😉 La nourriture, c’est finalement très culturel… et du coup, ayant choisi de m’installer ici, je ne pouvais pas refuser de découvrir cet aspect de la culture du pays dans lequel je vis 😉

      À bientôt !

  4. Hello,

    Eh bien j’ai trouvé ce que je mettrai dans mes valises ..
    Après les papillotes, nougats, calissons et marrons glacés , quelques boîtes d’escargots persillés accompagnés de reblochon , maroilles et munster pour soigner l’haleine..
    Quant aux déguisements, faut que je récupère un béret et le p’tit pull bleu de Papi et Puffin junior sera un vrai franchouillard..

    Bizous à tous.

    • Ah oui, un bon munster 😉 Par contre, dans une boîte hermétique sinon toutes ces douceurs ne passeront pas la douane. Pour les chocolats, aucun soucis de passage par contre !

      Question déguisement, je vois déjà l’image : le béret sur le bonnet, encore un nouveau défi vestimentaire…

      Bisous… et bonne préparation des valises (attention à ne pas oublier pulls et coupe-vent tout de même 🙂 )

  5. L’Islande est un pays ou je rêve d’y mettre les pieds ! les traditions les produits, j’adore !
    Bon il est vrai que la tête du mouton je trouve ça également pas très engageant mais cela
    fait parti des traditions et il faut les respecter.
    Merci pour vos récits. 🙂

    • Eh oui, chaque culture gagne à être découverte, même dans ses aspects les moins engageants à première vue 🙂 Et en ce qui concerne la culture islandaise, ce n’est pas nous qui allons vous dire l’inverse 😉

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