Une lettre d’amour à Hamraborg – La vigne de Reykjavík

L’un des premiers concerts auxquels j’ai assisté alors que je venais de m’installer en Islande était à Catalína, Kópavogur. Avec une foule d’artistes, des hommes ivres et des joueurs en bas, ce concert m’a donné ma première impression de la scène musicale islandaise. J’ai appris plus tard que Catalína n’était généralement pas un lieu de musique expérimentale et j’ai découvert que l’atmosphère était tout à fait différente à mon retour quelques mois plus tard. Pourtant, le bar occupe une place particulière dans mon cœur. Le concert faisait partie du Festival Hamraborg, une célébration annuelle de l’art et de la communauté au centre de Kópavogur. Cette année, le festival revient. Du 28 août au 4 septembre, Hamraborg se transforme en un épicentre de l’art. Les bars locaux, les supermarchés, les garages et les magasins de vapotage sont transformés en espaces d’exposition d’art et en lieux de performances. Les organisateurs décrivent le festival comme une « lettre d’amour à Hamraborg ». Cet amour prend différentes formes. Voici quelques-unes des œuvres que j’attends le plus avec impatience.

Amour sonique

Le son ne se limite pas aux instruments. Tout peut être un instrument. Lors de la soirée de représentation à Gerðasafn le 28 août, de 20h00 à 23h00, Silfrún Una Guðlaugsdóttir créera une performance sonore à partir des sons et des mouvements de voitures à la recherche d’une place pour se garer. Le même soir, l’artiste audiovisuelle et compositrice Lindy Lin explorera la broderie comme méthode de composition. Dans sa pratique, elle utilise une flûte xiao NanYin faite à la main, une guitare et des objets du quotidien traditionnellement considérés comme féminins, tels que des machines à coudre, des pinces à cheveux, des peignes et des outils de crochet.

Le 30 août, de 16h00 à 17h00, Þórður Hallgrímsson jouera sa pièce au parking Hamraborg. Il y aura six interprètes, jouant d’un instrument spécialement conçu pour eux, suivant les mouvements de ballons gonflés et dégonflés par un instrument spécial. Grâce à l’inspiration et à l’expiration sonores, la performance crée un organe humain.

Amour toxique

« En Islande, il n’y a pas beaucoup d’art extrême. Nous voulons nourrir cette possibilité d’aller à l’extrême et d’explorer ce qu’il y a à l’intérieur des gens, à l’intérieur de cette profondeur », me dit Yulia Vasileva, l’une des organisatrices d’un atelier sur le bruit. Le 29 août, de 13h00 à 17h00, le collectif Spider Network organise un atelier sur le bruit à Molinn. L’atelier s’adresse à tous les âges et explorera différents types de bruits : sonores, visuels et même comestibles. Il est vraiment important pour le collectif que l’atelier soit accessible et ludique. «C’est comme un terrain de jeu pour explorer de nouveaux médiums et de nouvelles techniques de création artistique (…) Il n’y a pas d’erreur dans le bruit», me dit Yulia. « C’est vraiment important que les enfants apprennent cela, il n’y a pas d’erreurs en art. » Il y aura un concert le lendemain, le 30 août, de 14h00 à 16h00, présentant les résultats de l’atelier.

L’amour terrestre

La terre est une archive faite de terre. Il stocke la mémoire, l’histoire et les relations écologiques. Le 1er septembre, de 17h30 à 19h00, la Earthlings Art Guild organisera un atelier sur la chromatographie des sols au musée naturel de Kópavogur. Earthlings est un collectif qui considère la coexistence des connaissances, de l’art et de la science autochtones comme une nécessité. Dans cet atelier, Earthling explorera la méthode de chromatographie du sol du XXe siècle que les agriculteurs utilisent encore aujourd’hui pour évaluer le sol. En collectant, en analysant et en discutant des échantillons de sol de Hamraborg, les participants explorent les connaissances du territoire avec lequel ils s’engagent quotidiennement.

Faire éclater la ville

Ce n’est qu’une fraction du programme du Festival de Hamraborg. Il s’agit d’un festival très diversifié qui encourage les artistes de tous horizons à explorer et à s’impliquer dans l’environnement local. Les artistes semblent s’engager fortement dans leur environnement, que ce soit en (ré)utilisant des objets du quotidien, en collectant des échantillons de sol ou en faisant de la place au bruit. Cela fait partie intégrante du Festival Hamraborg, lui-même animé par des artistes. Le festival fait éclater la ville d’art dans presque tous les espaces publics. Vous pouvez rechercher activement le programme ou faire passivement vos courses, vous découvrirez quand même quelque chose de nouveau.