Quatre députés des partis de la coalition gouvernementale, tous anciens ou actuels ministres du gouvernement, ont appelé le commissaire national de la police islandaise, Sigríður Björk Guðjónsdóttir, pour discuter de l'expulsion imminente de Yazan Tamimi, révèle Heimildin.
Yazan est un garçon palestinien de 12 ans atteint de dystrophie musculaire de Duchenne qui avait demandé avec sa famille une protection internationale en Islande après avoir fui leur pays d'origine l'année dernière.
Frictions au sein de la coalition gouvernementale
Deux anciens ministres de la Justice du Parti de l'indépendance, Áslaug Arna Sigurbjörnsdóttir et Jón Gunnarsson, ont appelé le commissaire le matin de l'expulsion controversée de Yazan, avant que la décision ne soit prise de retarder l'expulsion.
Heimildin a reçu des informations faisant état de la correspondance du commissaire avec des hommes politiques dans la matinée du 16 septembre. Un certain nombre de députés, dont le Premier ministre Bjarni Benediktsson du Parti de l'indépendance, avaient critiqué le fait que le ministre du Travail Guðmundur Ingi Guðbrandsson, qui était à l'époque chef par intérim du mouvement Gauche-Verts, ait appelé le commissaire et interféré dans le processus d'expulsion.
Bjarni, qui a mis fin à la coalition gouvernementale lors d'une conférence de presse dimanche et a appelé à de nouvelles élections, a mentionné l'affaire Yazan comme l'une des questions qui ont provoqué des frictions entre le Parti de l'indépendance et le Mouvement de gauche-Vert.
Une expulsion très controversée
Les informations révélées par Heimildin mettent en lumière la prise de décision politique qui s’est déroulée dans les coulisses cette nuit-là. La ministre de la Justice, Guðrún Hafsteinsdóttir, a interrompu la procédure d'expulsion, une décision qui, selon elle, n'était pas un exemple de bonne gouvernance.
Selon un courriel du commissaire ce matin-là, tous les hommes politiques qui l'avaient appelée avaient discuté de la possibilité de reporter l'expulsion de Yazan et de sa famille. Cette expulsion imminente avait suscité des protestations de la part des militants et avait été condamnée par un certain nombre de responsables politiques au cours des mois précédents.