Jusqu’à 80 % des troupeaux pourraient être exempts de tremblante au cours des cinq prochaines années

Le gène ARR, associé à la résistance à la tremblante, a été récemment découvert chez des moutons dans l’ouest de l’Islande, suscitant l’optimisme quant à l’élevage de troupeaux résistants à la tremblante. Les experts estiment qu’avec une sélection stratégique, jusqu’à 80 % des troupeaux de moutons pourraient posséder le gène protecteur d’ici quatre à cinq ans.

Une découverte marquante

Début 2022, des chercheurs ont découvert plusieurs moutons d’une ferme de l’est de l’Islande porteurs du gène ARR résistant à la tremblante. C’était la première fois que le génotype était découvert en Islande, et les chercheurs en génétique ont reconnu que cette découverte pourrait s’avérer cruciale pour remporter la lutte contre la maladie, qui sévit dans les fermes islandaises depuis plus d’un siècle.

Comme indiqué dans un article du magazine IR, la tremblante n’est pas transmise par des bactéries ou des virus, mais semble provenir d’une protéine prion, qui conduit à une maladie mortelle et évolutive qui détériore le système nerveux des animaux atteints. Contrairement aux bactéries et aux virus, les prions présentent un défi unique : ils sont presque indestructibles. Avant la découverte du gène ARR, lorsque la maladie était diagnostiquée chez un mouton, les vétérinaires devaient abattre tout le troupeau – et parfois même les moutons des fermes environnantes.

Comme l’a rapporté hier RÚV, le gène ARR a également été découvert de manière inattendue chez des moutons dans l’ouest de l’Islande, plus précisément à Vífilsdalur dans la région de Dalasýsla. Des enquêtes plus approfondies sur le bétail apparenté dans la région ont révélé sa présence dans trois fermes supplémentaires : Háafell, Geirshlíð et Sauðafell.

80 % de résistance au cours des quatre ou cinq prochaines années

S’adressant à RÚV, Eyþór Einarsson, consultant en élevage ovin au Centre islandais de conseil agricole, a suggéré que la découverte inattendue du gène donnait lieu à un optimisme accru dans l’élevage de moutons résistants à la tremblante.

Eyþór a noté que plusieurs agriculteurs sont désormais en mesure d’élever exclusivement des agneaux possédant le gène protecteur, ou potentiellement protecteur, garantissant que tous les agneaux survivant à l’hiver seront porteurs du gène. Il estime donc que ces agriculteurs pourraient élever jusqu’à 80 % de leurs troupeaux avec le gène protecteur d’ici quatre à cinq ans.

Eyþór a ajouté qu’avec l’identification du gène dans ce bétail non apparenté, c’est-à-dire dans l’ouest de l’Islande, le processus pourrait être considérablement accéléré. La découverte inattendue du gène dans la région laisse espérer qu’il pourrait être trouvé plus largement à travers le pays ; il encourage les agriculteurs à continuer à échantillonner avec diligence.

Eyþór a également mentionné qu’une certaine diversité commençait à émerger dans la souche porteuse du gène. Aux deux béliers colorés identifiés précédemment, plusieurs brebis jaunâtres, à cornes et sans cornes, ont été ajoutées. Cette découverte devrait permettre d’élever relativement facilement un cheptel coloré et diversifié d’ici quelques années.