Ce samedi, le plus ancien journal danois, Berlingske Tidende, a publié un article sur lequel il travaillait depuis des mois. Le sujet : l’industrie de la pêche islandaise. La conclusion : l’Islande est une oligarchie.
L’article de Berlingske cite de nombreuses sources islandaises, certaines anonymes, certains députés actuels d’Alþingi et le ministre des Finances en exercice, Daði Már Kristófersson, dans sa description de l’industrie de la pêche islandaise comme quelque chose qui est désormais en train de « dévorer la démocratie (islandaise) de l’intérieur » et en décrivant en outre l’industrie de la pêche comme utilisant « la peur, le contrôle et l’influence politique » pour exercer le pouvoir dans la société islandaise. L’article cite également spécifiquement le cas du géant de la pêche Samherji, tout en plaçant le pouvoir des entreprises de pêche islandaises dans le contexte d’un déclin de la liberté de la presse en Islande (les intérêts de la pêche possèdent le seul quotidien islandais), par rapport aux autres pays scandinaves, ainsi que d’un classement plus élevé en matière de corruption sur d’autres listes internationales.
Dans l’ensemble, l’histoire de Berlingske n’est qu’une répétition de choses déjà bien établies ; des histoires et des faits rapportés en Islande par divers médias, y compris le nôtreau cours des dernières années. Le journal danois a cependant fait une chose qu’aucun média islandais n’aurait pu faire sans être accusé de cadrage hyperbolique (faites-nous confiance, nous avons essayé), a nommé la chose décrite comme ce qu’elle est : une oligarchie dangereuse pour la démocratie islandaise.
Il y a quelque chose de particulièrement désagréable pour les Islandais que cette vérité soit exprimée à haute voix dans un journal fondé alors que le contrôle du Danemark sur l’Islande était à son apogée, au milieu du XVIIIe siècle. Dans le même temps, il est logique qu’il faille un Danois pour souligner l’évidence, alors que personne d’autre ne peut ou ne veut. C’est bien sûr HC Andersen, un Danois, qui a écrit l’histoire désormais célèbre intitulée « Les habits neufs de l’empereur » (indice : il n’en portait pas).
Illustration de Halldór Baldursson
Comme indiqué ci-dessus, le Reykjavík Grapevine a couvert l’une des plus grandes entreprises de pêche d’Islande, Samherji, au printemps dernier dans un article intitulé « Une histoire empoisonnée de corruption ». Il parle des lancements par l’entreprise du plus grand scandale de corruption de l’histoire de l’Islande (aucune accusation n’a encore été portée contre l’entreprise) et discute du pouvoir de l’entreprise, de son impunité et de la manière dont elle a activement tenté de supprimer la couverture médiatique de ses activités en Islande. Par ailleurs, Berlingske a publié hier un article complémentaire sur la façon dont deux hommes, Páll Steingrímsson et Páll Vilhjálmsson, ont tenté de décourager le journaliste de Berlingske, Emil Eire Frerk Olsen, de poursuivre son article sur les entreprises de pêche islandaises en général, et sur Samherji en particulier. Cela s’est produit par la suite lorsque le journaliste a contacté Samherji pour obtenir des commentaires sur l’article à venir. Samherji n’a pas fait de commentaire, mais l’un des deux Páll cités ci-dessus a admis avoir entendu parler des recherches du journaliste par Samherji. Ce sont des tactiques que les journalistes islandais qui ont écrit sur Samherji ne connaissent que trop bien, comme le couvre également notre article de 2025.
Découvrez l’histoire de Berlingske ici. Il est payant (et dans le danois du roi).