Hekla -tera, Hekla -tera pas ?

Pour les Puffins juniors, qui dit Islande dit… volcans ! Et qui dit volcan en Islande dit…Hekla (non, pas l’Eyjafjöll !). Pourquoi l’Hekla ? Parce que ce géant, subtil mélange de faille éruptive et de stratovolcan, un des plus connu d’Islande, est aussi le plus dangereux et le plus surveillé de l’île. Vous avez dit dangereux ? Cooooool !!! Bon, dangereux si on est imprudent… et nous ne le sommes pas… mais s’en approcher suffit à faire monter (un peu !) l’adrénaline de toute la famille. Et c’est comme ça qu’il y a quelques jours, nous sommes tous partis à la rencontre de ce géant imprévisible.

Pourquoi dangereux ? Je vous fais un petit topo rapide. Il faut dire que l’Hekla est imposant avec sa base longue de 12 kms et large de 9 kms. Du haut de ses 1 491m d’altitude, l’Hekla est l’un des volcans qui a produit le plus de cendres (5 kms3) et de lave(8 km3) au cours du dernier millénaire. Parce que l’Hekla ne se contente pas d’une nuée ardente ou d’une coulée de lave, trop peu pour lui ! Non, il préfère varier les plaisirs, commencer par un nuage pyroclastique et continuer avec de jolies coulées de laves sur des durées indéterminées. Depuis son éruption de 1104 – dont la puissance à classé le volcan au niveau 5 de l’indice d’explosivité volcanique (8 étant l’indice maximum correspondant à un supervolcan) et plongé la région dan un hiver volcanique de 10 ans -, racontée à travers l’Europe dans divers écrits, l’Hekla est décrit comme étant « la porte d’entrée de l’Enfer », rien que ça !

Aujourd’hui, il est essentiellement craint pour son caractère imprévisible. À titre d’exemple, pour ses deux dernières éruptions en 1991 et en 2000, les sismologues et vulcanologues n’enregistrèrent les premiers signes de l’éruption que respectivement 30 et 90 mns avant son début effectif ! Quant on sait qu’il faut compter 4 à 5 heures pour l’ascension complète aller-retour – et encore, en partant du parking le plus proche accessible uniquement en 4×4 ! -, il est facile de comprendre les risques encourus lorsqu’on décide de gravir son sommet. Sachant également que les géologues islandais ont annoncé que sa chambre magmatique est pleine depuis le printemps 2014, les choses se corsent drôlement. Alors, qui veut jouer à la roulette islandaise ?

Pas nous ! Mais nous avons tout de même envie de découvrir ce phénomène célèbre dans le monde depuis le Moyen-Âge malgré son éloignement géographique. Les minis Puffins ont hâtes… tout autant qu’ils appréhendent d’approcher ce volcan dont nous leur avons déjà souvent parlé.

« Maman, il a pété l’Hekla ? » (demande Puffin junior un matin sur deux au petit déjeuner)

L’Hekla est situé dans les Hautes-Terres islandaises mais est visible depuis la route 1, la plus touristique, que nous avons empruntée moult fois depuis notre arrivée pour découvrir la côte Sud de l’île. À chaque passage, nous avons espéré apercevoir le volcan, en vain. Le « capuchon » – Hekla en islandais – porte bien son nom et se cache derrière son « capuchon » nuageux sommital, comme presque toujours. Mais c’est l’occasion d’en parler aux minis Puffins… et chaque espoir déçu augmente le nombre des questions et l’impatience de la découverte.

Nous partons donc ce samedi matin-là avec la ferme intention d’en découdre et de faire tomber le masque ! 3 heures de route nous attendent… et quand je dis « route », il faut entendre « piste » pour l’approche finale. Et encore, nous nous sommes arrêtés au 1er parking, au pied du volcan quoiqu’à une distance encore raisonnable. Tant que nous sommes sur la route 1, nous traversons des paysages variés comme les sources chaudes naturelles de Hveragerdi (« Regardez, ça fume sur la montagne ! ») ou la côte atlantique Sud et les villes (villages ?!?) qui la bordent. Le temps n’est pas des plus cléments, sans être catastrophique, et nous nous doutons que nous risquons une fois de plus de ne pas voir le volcan dans son ensemble… nous verrons bien ce que nous pourrons voir !

Puis nous arrivons au croisement qui nous fait quitter la route 1 pour nous amener aux pieds de l’Hekla. Nous traversons tout d’abord des plaines… puis les paysages se diversifient… et noircissent. Les prairies laissent la place aux terres  de cendres et coulées de lave, noires et caillouteuses… et les maisons se raréfient pour finalement disparaître du paysage. Cette désertification renforce le sentiment d’insécurité colportée par la réputation du volcan. Durant toute notre progression, nous longeons sur notre droite la chaîne montagneuse de la faille Heklugjá qui termine sur le volcan Hekla. Le panorama, lunaire, est impressionnant. Les minis Puffins quant à eux ne s’intéressent au paysage que dans le but d’être le premier – ou la première – à apercevoir la fameuse montagne !

 

Lorsque nous atteignons la fin de la chaîne montagneuse, nous trouvons un « parking » sur notre droite et nous comprenons que le relief qui se trouve devant nous est le volcan que nous sommes venus voir. Évidemment, le ciel reste couvert et nous ne pouvons admirer « que » la base de ce seigneur à la fois si coléreux et si… timide… ou solitaire peut-être… Hekla 1 – Famille Puffin 0 !

Volcan Hekla, Islande

Volcan Hekla, Islande

Nous nous arrêtons et décidons de pique-niquer devant ce somptueux panorama. De toutes façons, nous ne comptions pas avancer plus, d’une part parce que la route qui permet de s’approcher au plus près du volcan est en réalité une piste accessible uniquement aux 4X4, et d’autre part car nous ne sommes pas totalement fous et que c’est très fortement déconseillé pour le moment par l’organisation en charge de la surveillance des volcans islandais. Les minis Puffins ont faim et ne se font pas prier ! De toutes façons, pas questions pour eux de sortir sans papa ou maman, on ne sait jamais… courageux, mais pas téméraires les oisillons ! Le crachin (ou l’équivalent islandais) ne nous permettent pas de savourer nos sandwichs et bananes à l’air libre et comme nous sommes 5 dans la voiture, les vitres sont bientôt totalement embuées, si bien que nous ne pouvons même plus profiter de la vue devant laquelle nous nous étions installés (non, nous n’avions pas décidé de tourner Titanic II, Rose et Jack 20 ans plus tard, genre il s’est échoué en Islande après avoir coulé pendant le naufrage du Titanic, ils se sont retrouvés et ils ont 3 enfants). Heureusement, avec les minis Puffins, rien ne dure jamais bien longtemps, pique-niques compris : tous les 3 trépignent d’impatience de sortir gambader au milieu des roches volcaniques issues de précédentes éruptions.

Vents et crachins ne nous ont pas quittés. Nous habillons donc tout le monde chaudement – et rapidement, nous sommes devenus experts dans l’enfilage de pulls, doudounes, bonnets, gants chaussettes et chaussures à la chaîne en un temps express pour optimiser notre temps d’exposition statique au froid – et partons en explorations dans les champs de cendres-gravillons et rochers expulsés lors d’un précédent réveil de notre charmant hôte.

Une fois dehors, un élément s’impose d’emblée afin qu’aucun visiteur ne puisse le rater : deux immenses panneaux préviennent de manière explicite et détaillée des dangers encourus à s’aventurer plus loin, le tout en plusieurs langues. Nous sommes impressionnés d’apprendre qu’il existe une l’application mobile, qu’on nous conseille très vivement de télécharger – 112iceland – et dans laquelle se trouve un bouton permettant de nous géolocaliser très précisément en cas d’éruption. Enfin,  nous apprenons qu’un système est mis en place pour transmettre des messages d’alertes à tous les téléphones situés dans la zone dangereuse dès que les signes précurseurs d’une éruption se manifestent ! Bref, les islandais sont bien organisés… même si cela ne couvre pas tous les risques, puisque le volcan ne se manifeste qu’au denier moment. La consigne actuelle est bien d’ailleurs de ne pas en tenter l’ascension.

Mais tout cela est bien loin des préoccupations de nos minis Puffins. L’espace est vaste devant nous et ils s’en donnent à coeur-joie. De recherches du plus beau caillou en courses pour atteindre la prochaine « bombe volcanique », on ne s’économise pas. Et leur jeu favori : être celui qui montera sur le plus gros rocher ! Malgré l’humidité, le temps passe vite, d’autant que nous nous apercevons que nous profitons d’un air vivifiant puisque les bourrasques sont chargées d’air marin : un simple coup de langue sur nos lèvres nous permet de goûter au sel de l’océan distant d’une cinquantaine de kilomètres seulement.

 

Les minis Puffins sont difficiles à convaincre au moment de reprendre la route. Par le jeu, nous arrivons à leur faire faire le chemin inverse et au moment de monter dans la voiture, comme nous n’avons pas non plus envie de rentrer immédiatement, nous leur proposons de continuer un peu la piste après la chaîne de montagne avant de rebrousser chemin vers la maison. Un consensus est trouvé. Nous continuons alors dans ces champs  de cendres déserts et emmagasinons un maximum de paysages au fil du chemin. Les minis Puffins regardent quelques instants puis s’endorment. Nous rebroussons alors chemin.

Dans la zone du volcan Hekla, islande

Dans la zone du volcan Hekla, islande

La route du retour est donc calme en grande partie avant le réveil de la marmaille. En pleine forme une fois les yeux ouverts, chacun s’applique à raconter sa journée, de préférence les 3 en même temps, et nous avons bien du mal à instaurer un tour de parole pour entendre chaque version. L’excitation monte… et la nuit tombe. Et hop, un peu de musique pour calmer tout le monde ! Nous nous demandons si la pénombre de midi en hivers ressemble à celle qui nous entoure… nous verrons bien.

Lorsque nous arrivons, il fait quasiment nuit. Le rituel des douches, du repas et du coucher peut commencer. Les minis Puffins peuvent désormais mettre un image sur le nom « Hekla »… et Puffin junior qui visualise désormais le volcan et sa localisation aimerait maintenant que celui-ci entre en éruption afin de pouvoir observer le phénomène… de loin… en sécurité… pour « prendre des photos » : un mythe est « presque » dompté…

 


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6 réflexions sur “Hekla -tera, Hekla -tera pas ?

  1. J’ai découvert votre blog grâce à celui de Gul. Je trouve vos photos magnifiques et je me dit que vous avez bien de la chance. Ayant moi aussi un enfant de 2 ans je ne peux qu’être attendris par votre petit bout. Bonne continuation.

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